Immortal ad Vitam, sa race !

NDLR : À partir de dorénavant désormais à l’avenir, on fera comme ça se fait et entrelardera les retours de mots ternes, de phrases convenues et de formules toutes faites votées par la convention des blogueuses.

Une lecture bien torchée pour changer. Je m’étais laissé émoustiller par les premières pages de ce bouquin lors des présélections dans la Catégorie Imaginaire du Prix des Auteurs Inconnus. Un bout de chose à peine effleuré ; point n’est besoin de vous farcir le boîtier d’images résolument trop poétiques au risque de vous picoter les ustensiles, afin d’exprimer la frustration mienne, au moment précis où je découvrais le point final de l’extrait, de ne pas en savoir davantage. En plus d’une couverture qui me causait particulièrement, le résumé laissait penser à une histoire hilarante ; une enquête sur fond d’humour et d’autodérision, ma foi que j’suis client ! Fred est un pompier déchu, poissard, paumé (sont tous paumés, les Fred), et pas très catholique, puisqu’il choisit bien vite d’aller faire des câlins aux vers de terre pour échapper à son quotidien blafard ; tellement poissard qu’un coup de fusil dans la glotte plus tard, son fameux quotidien ne le lâche toujours pas, tel un morpion s’agrippant à la paroi pubienne ; tellement paumé que la mort-même ne veut pas de lui : retourne d’où tu viens, cagot de mes glandes mammaires ! qu’elle lui dit, la taulière. Immortel, te voilà. Baraka ou scoumoune ? Telle est la question à laquelle il tentera de répondre en furetant l’origine de ce pouvoir.

Histoire de me répéter, ce bouquin démarre à fond les ballons, ma première réjouissance à propos. Ça cogne, ça percute, ça gicle ; bref, ça envoie. Tout de suite. Cette première partie m’a plu pour le côté impulsif et maladroit tant de la narration que des personnages, Fred en particulier. Il s’en prend plein la tronche, le gonze, c’est le cas de le dire. Cependant, au fil de ma lecture, je me demandais comment l’auteure comptait tenir sur la longueur, sustenter mon esprit de lecteur chiant, et épaissir ce cuistre, parce que les circonlocutions de son esprit bordélique, c’est clinquant deux secondes, mais après, ok le mec a hérité d’une immortalité, ok nous allons suivre ses frasques, il se fait buter, il se relève, il se fait buter, il se relève, il se fait buter, il se relève, épiquoi ? Elle développe donc, en parallèle, une intrigue secondaire avec, en tête de fil, une équipe d’enquêteurs menée par un autre type un peu baba, et, comme fil conducteur, la recherche d’un suspect un peu mort, mais pas trop. Tu vois ?

Si le rythme est intense et effréné dans la première moitié du livre, il faiblit dans la seconde, et la rupture est flagrante, limite grossière. Le parti pris est certainement assumé, et je suis définitivement pour la variation sporadique, mais là on dirait plus un coup de mou qu’un véritable renversement. Cette déplétion plombe l’atmosphère et court-circuite l’intensité du récit. Le paradoxe, c’est que l’écriture est très détachée et rudimentaire dans la première moitié ; les phrases y sont directes, soit, mais légères et les tournures simplistes, toutes portées par un style littérairement pauvre, en somme ; alors que dans la seconde, malgré une rupture rythmique non négligeable, l’écriture est plus maitrisée et les formules font moins écrivain endimanché.

En définitive (ouais, j’fais dans la brièveté, maintenant), si vous recherchez un bon p’tit divertissement, une histoire complètement perchée et une lecture qui ne risque pas de vous écorcher le cortex frontal (rien n’est moins sûr en ce qui concerne vos zygomatiques), vous pouvez y aller.

P.S. : Je n’ai pas réussi à placer « personnages attachants », « une claque ! » et autres, mais ça viendra.

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