Osukatei ? té na suki.

À la découverte du titre et de la couverture, aussi adéquate soit-elle, je réalise le gigantisme de la charge qui m’incombe, la fréquence des battements de cils qu’il me faudrait adopter et l’aigreur des grincements de chicots qui en découleraient, car autant je respecte et apprécie nos amis végétaux, leurs vertus et leur munificence, autant il en faudrait bien d’imagination et d’intensité pour me brancher là-dessus et surtout me maintenir éveillé le temps d’une lecture. Parce que s’il faut me causer photosynthèse, composition du sperme des coléoptères, longueur de bites chez les orchidées ou les graminoïdes, Eduardo risque de vite piquer du nez. Ce qui nez pas souhaitable, vous en conviendrez. C’est donc avec une appréhension certaine que mes inénarrables mirettes se posent sur ce bout d’univers vert et unique, en lice pour le Prix des Auteurs Inconnus dans la catégorie Imaginaire.

Mon impression première est plutôt positive. Y’a pas à tortiller du cul, et ça me troue le canal anal de l’admettre mais, ce scribouillard peut se targuer d’avoir une excellente plume. Il y a, dans sa façon de relater, dans le choix des mots, les tournures des phrases, une musicalité qui favorise une instantanéité de l’immersion dans cette atmosphère fort singulière. En littérature de l’imaginaire, plus que dans n’importe quel autre genre, il est primordial de soigner l’incipit de façon à ce que le lecteur lambda intègre prestissimo l’univers sans avoir à subir cet affreux syndrome de l’imposteur ; cette impression de se réveiller un matin dans son lit mais dans la chambre de sa voisine morte du choléra. Défi réussi ici. On pourrait aisément se noyer dans ce flot de lieux incongrus, trébucher sur cette butte de noms d’écureuils attribués aux personnages, mais comme papa dans la bonne, ça glisse.

On découvre alors, à pas de tortue constipée, la genèse de Luwise Sofunada (voyez, hein), héritière d’une lignée qui n’a jamais failli, dit-elle ; ainsi que sa progression, de la petite chieuse insouciante à la femme forte déterminée à prendre par les burnes le taureau de son ô combien grand destin.

Osukatei dépeint, au travers de ce récit fignlolé, tant la générosité que la souveraineté de mère nature. Sa force réside dans la minutie dont l’auteur a su faire preuve pour construire son intrigue, pour élaborer ce vaste univers dans lequel rien n’est laissé au hasard ; dans la mélodie fredonnée à travers cette plume, dans cette poésie qui lui sied si bien. Sa faiblesse réside dans ces enchaînements à variations multiples responsables d’une rupture rythmique. Le récit a rapidement pris une tournure si loufoque et tarabiscotée qu’il en a perdu sa consistance. Un coup on admire, enchantés, de flamboyantes fresques esquissées à l’encre de gerbe de licornes, un autre on est incapables de se représenter autre chose qu’un univers parallèle peuplé de créatures difformes avec les épaules sur la tête, la tête dans le cul, le cul sur la verge et la verge dans la glotte. Ben dis donc, Bernadette, faut pousser. Au bout d’un moment, les descriptions m’ont tellement fait chier que j’ai failli en faire du PQ, de ces pages.

J’ai donc léché, avec ma langueur caractéristique, les mots premiers, doux et enchanteurs, les premiers chapitres, descriptifs et rythmés ; et suivi d’un regard évasif la seconde partie, frêle et soporifique, les aventures de l’héroïne et sa bande de coupains tous plus intéressants les uns que les autres. Mention spéciale pour Vänesine. Ça fait très vaseline, j’aime bien.

In fact, amateurs de fantasy ou pas, vous pouvez vous jeter sur ce bouquin et admirer son univers élaboré comme il se doit quoique je m’y sois quelques fois perdu. Aussi peu engageante m’ait semblé une grosse partie de ce monde, la plume enchanteresse de l’auteur a lénifié le voyage et mené à bon port le chiant lecteur que je suis. Et ça, c’est pas peau de zébi.

Sexy Playlist :

  • Believer, Imagine Dragons
  • Demons, Imagine Dragons
  • Mad world, Gary Jules

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