Sexy Faisandage – Episode 1 : Mãe de deus

Ce matin, au réveil, il me fallait un prétexte pour tester ma nouvelle application de Voice typing. Alors je me suis mis à râler ces trucs que vous lirez.

En clabaudant tout seul comme un con, je me suis rappelé que j’aimais à considérer mon mur autrement que comme un vulgaire amas de charognes. Je me suis dit : tiens, et si j’en faisais un défi pour ces inconscients qui ont jugé bon de m’ajouter à leurs listes d’amis 2.0 ? Il semblerait que j’aie déjà atrophié les connexions neuronales de mes pairs, alors autant pousser le vice jusqu’au bout, histoire de préserver ma réputation de faisandeur de cerveaux. Faut ce qu’y faut.

Mise en situation : Fred, riche géniteur de 3 adorables enfants est sur le point de passer l’arme à gauche. Sur son lit de mort, il lègue sa fortune, conservé dans un coffre-fort, à ses descendants.

Votre défi : Trouver le code.

P.S : Qui trouve gagne un truc.

P.S 2 : Si ça peut faire fuir quelques uns, ce serait bien aussi. On fait son ménage comme on peut.

P.S 3 : Texte non relu, vous ferez avec.

– Je pense qu’il nous fait venir pour nous annoncer son trépas prochain.

– Quoi ? Mais t’es complètement givré !

– Et le soleil se couche à l’ouest. Non mais réfléchis un peu. Depuis quand demande-t-il à voir ta dégaine de péquenaud ? Ça se tient. 88 balais, quand même. T’imagines si à chaque balai on t’en fourrait un dans le derche ? Il en aura vécu des trucs, crazy papy.

– Très drôle. Sinon, tu comptes cesser de l’appeler ainsi un jour ?

– Oui, quand il aura clamsé.

– Tu n’attends que ça, hein, avoue !

– Tu n’imagines même pas. Je rêve de débarquer un samedi matin, franchir le seuil de la porte, trouver ce corps foutrement gras, inanimé, allongé sur son carrelage glacial à 10.000 balles le mètre carré, la gueule dans sa propre gerbe, tâter son pouls, lui replonger le groin dans sa garba jusqu’à suffocation s’il en a encore, rien que pour ne plus avoir à subir ses discours entrelardés de formules à l’emporte-pièce, toutes plus farfelues les unes que les autres.

– Dans son canapé, proprement, ce serait bien aussi.

– Justement, trop bien pour son gros cul d’ex-rentier à la ramasse.

– En attendant, le tien, de cul, c’est lui qui s’en occupe.

– Ça pour s’en occuper…

Camus telle une chagasse face à Eduardo, mais pas plus surpris par ces élucubrations que par le dénouement du dernier Dicker, Stéphane secoua la tête, leva yeux et mains vers le ciel, comme un recours à la divine bonté ; il scruta les nuages quelques secondes encore dans l’espoir d’y voir s’échapper une météorite – même toute riquiqui – en direction de ce rustre impertinent qui lui servait de frère ; de préférence, sur cette masse difforme qu’il portait sur ses épaules, question de remettre un chouïa d’ordre là-dedans. C’est précisément dans ces instants de contemplation de la vue panoramique offerte par la calebasse d’Arnaud qu’il se prenait d’admiration pour leur génitrice. Sacrée femme, quand même ! Comment avait-elle réussi à extirper pareille carcasse de son minou ? Il devait y en avoir, des proportions.

À l’image de toutes les fois où ses réflexions vagabondaient dangereusement vers ces contrées lointaines et hostiles, lui vinrent à l’esprit une flopée de clichés peu catholiques qui, par chance, trouvèrent toutes refuge dans un coin reculé de sa cage à neurones en compagnie de ses innombrables fantasmes inavoués.

– Quoi, t’as oublié ta langue dans le vagin de ta poupée gonflable ? On y est ! intima Arnaud.

– Grandis un peu et ouvre cette fichue porte, répondit Stéphane, les torcheculs dans les poches, le regard dans le vide ; dégarni d’assurance et nanti de dépit, comme à son habitude.

– Bonjour, très cher aimé et regretté père ! Tes vrais enfants viennent, tout épuisés, de fouler le sol de ta précieuse demeure, héla théâtralement Arnaud en franchissant le pas de la porte.

– Merci pour mon cul qui prend des rides à rester ici le veiller pendant que ses « vrais » enfants vadrouillent et s’épuisent à ne rien foutre de leurs journées, repris systématiquement Samantha, avachie dans le canapé à quelques mètres d’eux.

– Vu comment il est fourré, ton cul, on n’a pas de souci à se faire.

– Arnaud ! intervint Stéphane. Un peu de retenue. Ça va, petite sœur ?

– Dites, vous avez tous deux subit une éjac faciale ou c’est comment ? Le mec à l’agonie sur ce canapé, ça vous dit quelque chose ?

– Ben voyons, bougonna Arnaud qui s’approchait nonchalamment.

– Qui, papa ? Oh merde ! Je l’ai vu allongé, mais il pionce tout le temps, alors j’ai cru…

– La gueule du mourant, quand même, gloussa Arnaud.

– Tu vas les boucler, tes putains d’écluses, toi ?! Hey papa ! Qu’est ce qu’il a ? Il faut appeler un médecin.

– J’ai essayé, Einstein. Il ne veut pas. Je crois que c’est l’heure.

– Alléluia !

Les paupières de Fred s’ouvrirent lentement sur la banane de fortune esquissée par Stéphane. Il ne se l’expliquait pas, mais cette fausse béatitude, le savait-il, ainsi affichée sur le visage de son aîné l’emplit d’un sentiment de sérénité. Il le gratifia d’un sourire à son tour, quand soudain, un vent pestilentiel vint fouetter ses naseaux. Était-ce donc ça l’odeur de la mort ? Un mélange de cyprine, de viande faisandée et d’acide sulfurique. Il feignit une grimace avant de rompre le silence discordant désormais installé.

– Ah… snif… vous êtes enfin là, chevrota-t-il.

– On est là, papa.

– Il ne me reste plus… snif… beaucoup de temps, alors je vais être concis, pour une fois… snif. Comme vous le savez déjà, votre mère et moi… snif… avons travaillé un peu dur pour vous assurer à tous les trois un bel avenir. Nous avons, au fil des ans, acquis une certaine fortune. Le fruit… snif… de toutes ces années de labeur se trouve conservé dans un coffre-fort au sous-sol. Il vous revient aujourd’hui. Faites-en bon usage, et n’oubliez jamais ceci : copier sur un, c’est du plagiat. Copier sur deux, c’est déjà de la recherche.

Il toussota bruyamment avant de reprendre :

– Le coffre… snif… étant protégé par un code… snif… il me parait pertinent de vous révéler que la clé… snif… n’est autre que la véritable cause du décès de votre mère.

– Quoi ? Comment… Ça… Ça veut dire qu’elle n’a pas succombé d’une crise cardiaque dans son sommeil ? bredouilla Stéphane.

– Laisse-le finir, gros malin, pesta Arnaud, dont l’impatience dévorait les tripailles.

– Ah quel rayon de soleil, était-ce, ma jolie Jo ! snif… Je me souviens encore de notre première rencontre, ce 1er Février 1948 à Rio de Janeiro… snif… Cette candeur dans son regard, ce contraste déchirant entre l’éclat d’une entité épanouie et les meurtrissures d’une âme tourmentée ; et ce bundão… Mãe de deus !

– Sinon, c’est quoi le code, s’impatienta Arnaud.

Fred n’écoutait plus. Il se sentit défaillir ; sa lucidité, toute légendaire, l’abandonnait lâchement. Une légère brise d’appréhension l’étreignit. Il s’était pourtant, tout au long de son existence, préparé à cette réalité, à ce moment précis. Mais il y avait un monde entre le rêve apprivoisé et la réalité matérialisée. L’évidence de cette réflexion gambilla dans son esprit : L’humain passe sa vie à clabauder contre les éventuels obstacles qui commettraient l’impertinence de se placer sur son chemin, à grognasser sur l’infortune de ces vétilles, à alléguer le plaisir qu’il prendrait à les houspiller, l’intrépidité dont il ferait preuve en cas d’anicroches, et, par dessus tout, la hargne avec laquelle il les concasserait ; puis, une fois la Bête en face, il trempe son caleçon et pleure sa maman.

Regain de lucidité.

– Snif… que disais-je déjà ?

– Génial !

– Ah oui… snif… Le fruit de ces années de labeur se trouve dans un coffre-fort.

– Ça, on avait compris.

– Lequel coffre… snif… est protégé par un code à 4 chiffres.

– Nous voilà bien avancés.

– La clé, c’est… snif… la véritable cause du décès de votre mère. Une date à jamais gravée dans ma mémoire. J’ai cessé d’exister à l’instant précis où elle a rendu l’âme. Mais…

À l’image d’une tragédie Giebelienne, cette phrase resta à jamais suspendue dans le temps et l’espace. Il venait de rendre son dernier souffle sous les regards exaspéré d’Arnaud, triste de Stéphane et contrit de Samantha. Chagrin. C’en était fini de lui. Fini. Pour toujours.

*** 3 jours plus tard ***

– Bon, c’pas tout ça, mais je pense qu’il est plus que temps d’aller ouvrir ce pondoir, vous ne trouvez pas ? Je propose qu’on s’y mette illico.

– Il faudrait déjà que t’aies la clé, andouille, répondit Samantha.

– Où se trouve-t-elle ?

– Dans ton…

– Hey ça va, vous deux ! cria Stéphane pour tuer dans l’œuf cette nouvelle empoignade entre Pif le bulldog ronchon et Hermione la chatte échaudée. Conservez cette énergie pour trouver la clé.

– Ben on l’a, la fichue clé ! Le décès de maman. C’était le 12 décembre 1988. Il a, lui-même, dit qu’il n’oublierait jamais cette date.

– Juste avant de dire « mais »…

– Ça veut dire quoi encore, ces conneries ?

– Tu n’écoutais vraiment rien, toi. Il disait toujours « Tout ce qui vient avant un mais n’a aucune importance ».

– Tu te paies ma fiole ?! T’es con ou juste con ? Il agonisait et tu t’imagines qu’il avait suffisamment de lucidité pour ces débilités ?

– Le vieux ne disait jamais rien au hasard. Absolument rien. Et il raffolait des énigmes. Sam, que t’a-t-il raconté ce jour, avant notre arrivée ? S’il devait donner des indices à une personne, c’est à toi qu’il le ferait, pour sûr.

– Il m’a juste sorti une phrase incompréhensible : « C’est l’un d’eux, oui, mais c’est ainsi », avant de rajouter  » Croissant, hein ! » Complètement perché, le vieux, quand même. Je pense qu’il s’agit de la date de sa rencontre avec maman. On sait tous les trois quelle importance elle avait à ses yeux.

Trouvé sur un papier dans les affaires de Fred :


8431D2CD18611
218D1ARE82841
7364556E3C933
46G3H3V15A163
64AO7E1Q13F11
52CB14PQCDI21
361LCBD4CV123
1LAV161BB2343

7 commentaires sur “Sexy Faisandage – Episode 1 : Mãe de deus

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  1. Je déteste les énigmes, ça me prend la tête mais je peux pas m’empêcher de chercher !
    Bon. Alors c’est soit : 1268. Parce que 7128716, la phrase du père. Et on vire tout ce qu’il y a avant 1 :12816. Ordre croissant : 11268. Et on revire le 1. Et voilà ! 🤓 😭
    Ou alors on prend juste 716 parce qu’on s’en tape de ce qu’il y avant le « mais », et donc : 0167.
    Je sens que je vais passer la journée à y penser… Merci. 😭😭
    Marion

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