L’imagerie – Adrien Lioure

Hello to you ! Ça pète ? Moi, à part les coucougnettes qui serfouissent frugalement, tout baigne ! Aujourd’hui on cause Imagerie, découvert dans le cadre du Prix du Cercle Anonyme de la Littérature. Une trouvaille bien capotée, je dois l’admettre. Si cette couverture flasque a autant d’effets sur moi que le croupion de Nicki Minaj sur la verge à Ruquier, les premières lignes m’ont assez amusé pour préserver le brin d’intérêt suscité par le titre. L’imagerie. Comme quoi pas besoin d’une érection de longs-grands-mots pour faire bourlinguer le lecteur. À sa découverte, on imagine tout un tas de trucs, mais on n’imagine pas jusqu’où l’imaginaire de l’imaginatif auteur de ce bouquin peut mener notre imagination, vous imaginez ?

Dès le premier chapitre, survient une rencontre avec un personnage bien peu orthodoxe : Dolorius, un monsieur qui se targue, à raison d’ailleurs, d’être connu de tous. Je vais le laisser s’introduire en vous.

Je me prénomme Dolorius, et suis ce qu’on appelle une Souffrance. En réalité, tout le monde me connaît. Pas sous cette forme ni sous ce nom. Mais l’on me connaît. Ce petit tiraillement qui perturbe parfois agresse, jusqu’à entamer les paix intérieures. Et bien ça, c’est moi. Je m’installe dans les corps. Je pénètre les esprits. Ronge les consciences. Je suis parfois physique, d’autres fois sentimentale, ou encore morale, en fonction des personnes. Moi ? Peu m’importe. Je fais mon job, un point c’est tout.

La Souffrance, elle-même, en ancre et en papier.

Mais attendez ! Je pense pouvoir arguer sans me tromper (t’façons j’ai toujours raison) que le premier quart de ce roman est trompeur, ou du moins vil dissimulateur de son réel potentiel. On croit devoir assister à une plaidoirie doloriste, on s’imagine lire le genre de torchons type mauvais essai philosophique farci de réflexions aussi imbuvables que la gerbe d’un scatophile ; puis l’on rencontre Soméphine, la cousine de Dolorius, Marchand de sable de son état ; personnage haut en couleur à l’âme bien trempée qui apporte de l’hémoglobine fort fraîche au récit et, par la même occasion, une dimension plus déployée.

Ce qu’il y a de presto savoureux dans ce bouquin, c’est l’alternance de narration entre les différents protagonistes. Il ne s’agit guère, ici, de jongleries discontinues entre les personnages majeures ; il n’y en a d’ailleurs pas de mineurs. Chacun dégueule son allégorie et décrit de son unique point de vue. Ce qui donne au final un panorama chatoyant que le lecteur contemple partagé entre ferveur et amusement. 

L’univers, c’est ce qu’il y a de plus majestueux dans ce livre. Si tu penses que celui de ton bouquin est « bien travaillé » parce qu’il comporte quelques habitations sulfureuses, deux trois connasses adeptes de fellation post-mortem, un fast-food miteux, un bar à chats et quelques godes michets, lis donc celui-ci et pars vite te refringuer. La première impression qu’on a au début de cette lecture, quant à l’univers, est assez neutre. Progressivement, une lueur fantastique – toutefois parfaitement ancrée dans un univers contemporain – se dévoile et s’enracine avant de laisser place à un pur et dur embrasement SF. L’auteur parvient à créer, avec une facilité irritante, des images pittoresques qui, telles des clichés, s’enregistrent aisément – grâce à de fines descriptions – dans le disque dur cérébal du lecteur et l’accompagnent tout au long de sa lecture. Un univers somptueux que vous ne soupçonnez pas le moins du monde.

Mis à part quelques (gros) problèmes de ponctuation qui ne devraient gêner que les maniaques forcenés dans mon genre, le texte est relativement propre. L’auteur ne prive pas son récit d’une vivacité et d’un dynamisme assez rares pour être signalés. Dense et rythmé, qu’on dirait de ce bouquin. Une immersion continue qui détonne quelques fois avec ce style saccadé à souhait. Les courtes phrases ont parfois leur charme, comme quoi. J’essaie ! J’essaie !

Aux allures tantôt utopiques, tantôt fantastiques, ce bouquin fait preuve d’un réalisme qui n’a d’égal que son originalité. Sans quitter son ipséité, il entraîne votre imagination dans des sentiers inopinés pour le plus grand kif de vos innocentes pupilles et des quelques méninges qui sustentent vos boîtes crâniennes. J’ai été successivement éberlué puis ébouriffé face à tant de finesse et d’eccéité. Un livre qui aurait pu être parfait si l’auteur avait mon excellent humour. Mais bon, c’est déjà ça. Je recommande chaudement, il y a de quoi faire voyager.

Lecture effectuée en écoutant :

  • Dreaming, Youssoupha & Indilla
  • Fly, Nicki Minaj & Rihanna
  • Pompéi, Bastille

5 commentaires sur “L’imagerie – Adrien Lioure

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :