Au 5e étage de la faculté de droit – Christos Markogiannakis

Hello to you ! Un bon petit polar grec pour la route, ça vous cause ? Lorsque la dame de Albin Michel (enfin, la dame, n’allez pas penser qu’elle fricote avec monsieur Albin, non mais vous me sortez de ces trucs !). Je disais, lorsque Claire, du service presse, m’a proposé ce titre, il n’en a pas fallu lerche pour que mes milliards de neurones s’emballent. « Tu devrais l’aimer », qu’elle m’a dit, la miss. J’adore quand on lit en moi comme dans une boule de cristal ou entre les entrailles d’un chaton. Surtout lorsqu’il s’agit d’une dame. Mais bon, la question ne niche pas de ce côté de la rive, plutôt de celui-ci : « Que s’est-il passé au 5e étage de la Faculté de Droit de Athènes ? » Un gang-bang ? Très probable, étant donné le contexte, mais non. Un  meurtre ? Bravo ! Qui qui a trouvé ? Je lui dois un dîner en bouche à bouche avec mon illustre personne. Bref, vous l’aurez saisi, il s’est passé un truc à cet étage. En goinfre impénitent de Agatha Christie (je vous arrête tout de suite, j’ai fait une pause dans le post-mortem).. Je disais donc, en bouffeur invétéré de cette grande figure du polar, je raffole des enquêtes qui se déroulent dans des espaces restreints ; la tension n’en devient que plus vive, le rythme plus effréné, et la minutie s’y baigne souvent. What else ?

Découvrir les victimes, se rapprocher d’elles avant l’instant fatidique, assister, impuissant, à leur dégringolade, s’arracher le cul pour débusquer les contrevenants, amorcer la danse de la joie, s’arrêter, repartir de zéro, se coltiner toute la corvée, niquer le système, happy end : la recette. Autant ce n’est théoriquement plus cryptique pour personne, autant ce schéma que l’on qualifierait de « classique », quoique ipso facto revisité par tous les polardeux,  bénéficie quelques rares fois de petites nuances qui en font toute la beauté. Bien que la guerre contre les clichés des genres me paraît tantôt utopique du fait que le concept de « genre » en lui-même constitue déjà un cliché gros comme ça, un zeste d’originalité ne fait jamais de mal.

Une approche classique.

L’entrée en matière, ici, se veut immersive. On s’imprègne, sans difficulté, de l’atmosphère, de la tension qui y règne ; on flaire les conflits, les non-dits et tout ce qui va avec la présence de bipèdes à queues et vagins – pas les deux en même temps, s’il vous plaît – placés en communauté. On notera une plume bien légère pour un récit souple et sans fioritures. On y entre prestissimo et n’en ressort qu’après le point final. Pour ceux qui aiment les livres qui se lisent en 2 secondes, « sans prise de tête », vous avez là de quoi vous ravir.

Je vous l’avoue tout de suite, les noms grecs m’ont foutu de ces migraines, vie d’mammaire ! Il suffit de voir le nom de l’auteur pour réaliser l’ampleur de la situation. Encore heureux qu’il sache larguer des amarres mnémotechniques, le bougre, des accroches plus ou moins accessibles qui permettent au lecteur de s’y retrouver aisément. Les personnages n’en demeurent pas moins consistants et, pour le plus grand bien de l’intrigue, peaufinés de façon à ce que chacun d’eux ait un mobile, de quoi dérouter l’enquêteur en herbe qui suit l’histoire d’un oeil avisé. On me bât rarement à ce jeu, mais ce coup-ci, je dois avouer m’être laissé bringuebaler un chouia. À chaque fois que l’auteur étaye les raisons pour lesquelles un personnage serait le coupable idéal, tu te dis « obligé, c’est lui ! » Puis le connard te fait comprendre avec la douceur de la paroi pubienne (rasée, s’entend) qu’en fait, non, pas moyen que ce soit lui, voyons, pauvre p’tit con ; c’est l’autre, évidemment. Et ainsi de suite. Alors, tu te fais ken à tous les coups (dit comme ça …), jusqu’à ce qu’il décide d’arrêter le jeu. Un bonheur de retrouver Hercule Poirot incarné en ce Markou, à première vue, pas si alléchant, mais que l’on finit  par apprécier.

Vous risquez de kiffer cet hommage à Agatha, parole de sex-symbol !

Bon, concluons, vous voulez ? Là c’est un peu comme quand je baragouine dans un bar à chat. D’ailleurs, on en parle, de ce concept ? Des bars à chats, ma foi ! Ne serait-ce pas une couverture pour « resto chinois » ? Enfin, je dis ça, je dis rien. Et la protection animale dans tout ça, hein ? Parenthèse-pas-ouverte-mais-fermée. Pour en revenir au grec, contrairement à leur bouffe, je recommande ce bouquin aux amateurs du genre ; un bon petit morceau à se mettre sous la dent avec ou sans mayonnaise. Merci d’ailleurs à Albin Michel pour la découverte. La suiiiiite, au prochain numérooooo !

Lecture effectuée en écoutant :

  • Mama knows best, Jessie J
  • Highway to hell, AC/DC
  • Come with me now, Kongos

9 commentaires sur “Au 5e étage de la faculté de droit – Christos Markogiannakis

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