Elle(s) – Céline de Rosa

Prix des auteurs inconnus : Présélections

Catégorie : Premier Roman

Éditeur : Publishroom

« Elles » ont fait quoi encore !! Ralala ces femmes, toujours dans des histoires chelou. Tiens, pendant que j’essaie d’écrire ma chronique y en a deux qui se crêpent le chignon pour savoir qui aura le droit de me faire une gâterie (je vous avais prévenues que j’allais vous balancer snif snif)

On parlait de quoi déjà ? Ah oui de ma lecture dans le cadre du Prix des Auteurs Inconnus (d’ailleurs là aussi « elles » m’en font grave baver.. Il se trouve que je suis le seul « il » du jury panel. Il y a de quoi perdre la tête, n’est-ce pas ?  Quoique dans un sens…) Comment ça je m’égare ? Je sais, je vous parle de ce livre qui m’a fait mordre à l’hameçon pendant les présélections. Une couverture sobre et fort intrigante à l’image du titre, ça se lâche pas, vous en conviendrez. Bien que le résumé ait fortement éperonné mon détecteur de romance gnangnan qui est tout de suite passé en mode « no way » (avec une voix de canard, sinon c’est pas drôle), les toutes premières pages (parce qu’on était bien obligés de les lire, sinon y a une certaine Virginie qui prend un malin plaisir à flageller les petits désobéissants.. Monde cruel). Je disais donc les toutes premières pages m’ont plutôt vachement interloqué. En plus d’une approche que je n’ai vu venir ni de gauche, ni de droite (un mythe errant, quoi), l’écriture est vive et rythmée. On est clairement dans un délire à des kilomètres de ce que j’avais pu imaginer. Une bifurquation qui a été pour mon plus grand plaisir. Pour le reste, il faut voir.

Nous suivons donc « Elle » (la meuf n’a pas voulu lâcher son prénom, je lui aurais bien envoyé des fleurs sur sa tombe à son adresse), une jeune femme ambitieuse mariée à un beau jeune homme ambitieux. Mais comme le précise la quatrième de couverture, ça fait un ambitieux de trop.  Puis, la femme est censée rester dans la cuisine, non ? Dès les premières lignes, cette histoire prend une dimension psychologique. Nous suivons crescendo la descente aux enfers de cette femme, si rêveuse, si ambitieuse, désormais cantonnée au rôle de la mère responsable, de l’épouse attentionnée, de la « femme au foyer » condamnée à astiquer jours et nuits les meubles et la vaisselle quand ce n’est pas le pénis tout mou de Monsieur épuisé après une longue journée passée à gagner de l’argent pour ses fesses sa famille, la femme contrainte de dire non à ses projets, non à ses rêves pour le bien de son mari sa famille. La famille, ce joli prétexte. 

– Chérie, on part habiter au pôle Nord

– Quoi ? Mais chéri, je ne supporte pas le froid, tu le sais très bien. Bon on va en discuter.

– J’ai déjà pris les billets. On part demain.

– Quoi ? Sans m’en parler ? Tu ne penses donc qu’à toi ?

Comme si j’avais besoin de ton avis. Chérie, c’est pour le bien de notre famille. Je ne pense pas du tout à toi moi. Mais seulement à moi notre famille. Aux enfants. Tiens, y a le père Noël là bas.

–  Si c’est pour la famille, je ne peux qu’accepter avec plaisir, mon chéri.

Pauvres êtres stupides manipulables. Cette confiance aveugle, ces sempiternels compromis, ce don de soi-même, ce sacrifice imposé, ces flagorneries incessants, sont la triste réalité de bien de femmes en qui ce récit trouvera certainement résonance. Le sujet est abordé de manière constructive pour un récit d’un réalisme saisissant.

Il semble à présent clair que le fond de la chose (chasse les vilaines pensées) est intéressant, creusé… Parfois trop justement. Ce livre fait moins de 200 pages mais il peut être loooong par moment. Puisqu’il est question de la psychologie du protagoniste, l’auteure a jugé nécessaire de plonger dans des détails enfuis bien profond et des descriptions, au final, inutiles pour donner de la contenance à son récit. Si ça a marché ? Je me suis surpris à dodoter à un moment… Assez long, il me semble, puisque j’ai eu le temps de faire bisou à Emma Watson dans son bikini qui met en valeur ses courbes parfaites avant qu’elle me souffle dans un susurrement passionné « I love you, sexy boy ! ». Tout ceci dans mon rêve. Chers scribouillards, de troop longues descriptions lassent le lecteur et entachent son intérêt pour le bousin, je ne le dirai jamais assez. Alors, je sais qu’il est difficile de trouver le juste équilibre entre concision et circoncision pluie verbale, mais essayez. Il y a un joli lecteur satisfait à la clé et Dieu sait que c’est inestimable.

Ce qui nous emmène à la forme alitée. Je n’ai pu m’empêcher de noter quelques petites coquilles (ou incohérences, d’ailleurs) qui seraient certainement passées inaperçues si je n’étais pas un lecteur chiant (Julie, le club se forme) mais voilà, quand je n’arrive pas à comprendre un truc, ça me fait chier (chiant, vous dis-je). Par exemple ce passage « Mais pour qui la prenait-elle ? Avait-elle l’air si naïve à SES yeux pour qu’IL puisse imaginer une seconde… » On parle bien de l’homme qui prend la femme pour une naïve. Alors pourquoi prenait-elle ? Si une fille se jete sur mon zgeg sans mon accord, je dirai « Pour qui me prend-elle » pas « prend-il », non ? Anyway, vous me direz hein ! Sinon, rien de bien alarmant négativement en ce qui concerne la plume. Elle est percutante et efficace. Et arrive à nous projeter facilement dans le quotidien de cette dame qui plonge progressivement dans les abysses, qui se dirige à pas sûrs (j’suis pas très sûr) dans les parvis de la déroute. On ressent sa frustration, sa colère, ses névroses. On subit la douleur de cette femme résolument impuissante et quelque peu é(n)culée. Je compatis.

Bon, faudrait bien que vous appreniez des trucs en lisant le livre, je ne vais pas tout déballer quand même. Pour ma part, ça a été… Voilà ça a été. Ce n’est décidément pas un livre inoubliable mais une histoire qui en vaut la peine. Parce que, mine de rien, ça pourrait être celle de nos proches, de nos voisins etc… D’autant plus qu’il est toujours important d’avoir un regard extérieur surtout quand vous vivez la situation en interne. Voili voilou, livre plutôt pas mal.

Lecture effectuée en écoutant :

  • No woman no graille cry, Bob Marley
  • Girl on Fire, Alicia Keys
  • I ain’t your mama, Jennifer Lopez

8 commentaires sur “Elle(s) – Céline de Rosa

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  1. Je ne la trouve pas mal la chronique. Je suis tentée de le lire.
    Miscrety et moi, ne nous crêpons plus le chignon. Nous avons trouvé un accord. Nous allons nous occuper de ton cas ensemble !
    Un conseil : prends de l’avance dans tes chroniques, le mois de la femme risque de tourner pour toi au mois de ta mise à mort !

    Aimé par 1 personne

  2. On peut dire que tu sais parler d’un livre de manière originale et percutante 🙂
    J’ai vu sur FB que ton avis n’a pas laissé indifférent, mais j’avoue que j’ai apprécié ton humour et que pour le coup, si ta chronique n’est ni élogieuse ni négative, je ne suis pas certaine d’être le public pour ce type d’histoire…

    Aimé par 1 personne

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