La fille sous la glace – BRYNDZA Robert

Bonjour les copinous. Je vous parle aujourd’hui de ma dernière lecture : La fille sous la glace. Comment vous dire que ce titre m’a trituré les neurones. Pendant plusieurs minutes, je suis resté figé devant la couverture à imaginer les pires scénarios possibles. Mais comme pris au piège dans la glace avec cette pauvre fille, mon imagination n’a pas pu voler bien loin. Pile comme je les aime, titres et couvertures : pas très bavards mais assez bruyants pour tambouriner, chez le lecteur, un sentiment d’urgence, avec pour conséquence de le faire cliquer sans pression.

La fille sous la glace, c’est la « promesse » d’une lecture addictive qui vous emportera en Grande Bretagne. Une plume tout en légèreté mais sans grande retenue et un récit « censé » vous tenir en haleine jusqu’au point final. En plus de faire suivre une enquête pour le moins consternante, il nous livre une critique d’une société Londonienne pas très différente de la mienne, de la vôtre ou de n’importe quelle autre. Entre les traitements de faveur, le trafic d’influence, les dessous de table, l’implication de la presse. Tout est bon pour envoyer paître quiconque s’y frotte dangereusement.

Un roman qui a séduit plus de deux millions de lecteurs… mais pas moi.

Le prologue a de quoi laisser dans le brouillard. Une jeune femme jambes nues, talons hauts, longe seule une avenue déserte et silencieuse dans l’ombre de la nuit d’un sombre quartier Londonien. Un mec débarque et l’embarque. On n’en sait pas d’avantage jusqu’à ce que son corps soit découvert sans vie sous la glace par une employée. La victime n’est autre que Andrea Douglas-Brown, la fille d’un grand industriel à la tête d’une des plus puissantes familles de Londres. Erika Foster, l’archétype du flic tourmenté, trouve dans le travail un exutoire, une porte pour échapper à ses démons du passé. De fait, lorsque cette affaire lui est confiée, elle se promet de lutter bec et ongles pour trouver le coupable. Le chemin s’annonce, cependant, très périlleux car lorsqu’il est question de la haute société, les entraves sont souvent légion. Mais elle refuse de se laisser faire. Les coups bas et les fausses pistes s’enchaînent, mais Erika entend bien démêler le vrai du faux quitte à en perdre son badge et sa dignité. Après tout, n’a t-elle pas déjà tout perdu ?

J’ai bien noté qu’il s’agissait du premier polar de l’auteur, et ça se ressent à plein nez. Il pue ce besoin maladif, typique de tous les nouveaux polars, de suivre assidument les codes du genre jusqu’à copieusement sombrer dans le cliché. La flic torturée, bien réchauffée, le super intendant soumis à la volonté du haut sommet qui lui compliquera la tâche, bien réchauffé, l’équipe enquêtrice bien banale, sans grande consistance, un collègue misogyne qui lui mettra les bâtons dans les roues… La totale, quoi !

La plume de l’auteur est, somme toute, fluide et plutôt plaisante. Mais le récit souffre, à mon sens, de longueurs, ce qui fait que l’enquête piétine et tourne en rond par moment. Et je ne parle pas de sa difficulté de résolution – qui, en soi, est une bonne chose, si tant est que les enchaînements demeurent bien cousus – mais de l’étalage des éléments dont je ne trouve jusqu’à présent aucune pertinence et aucun intérêt tant pour la compréhension de l’histoire que pour la résolution de l’enquête. Je pense que ce livre aurait du être débarrassé d’une bonne centaine de pages et le récit recentré sur l’essentiel, comme les liens entres les différents protagonistes pour lui donner la contenance qui lui manque. Encore une fois, la taille ne fait pas la différence.

Dans une tentative de démarquage, l’auteur a essayé d’étoffer le personnage d’Erika de façon à ce qu’elle ne soit pas « ordinaire » à l’image de tout le reste. C’est réussi à moitié. Car si elle est assez pugnace dans l’ensemble, elle n’en demeure pas moins goguenarde et son manque de finesse est consternant. Pas facile de s’attacher à elle, en tout cas pas pour moi. Il y a, cependant chez elle, un petit truc qui fait que je suivrais bien ses prochaines aventures pour voir comment elle évolue et affronte ses peurs. Ce côté « je suis mon intuition et rien d’autre », ce côté impulsif et limite suicidaire font d’elle un personnage globalement intéressant. Les autres sont encore plus creux et beaucoup moins cohérents quand ils ne sont pas clichés comme Sparks.

L’intrigue est plutôt bien ficelée mais non moins classique. Il manque à ce roman l’intensité qui fait les bons polars, les frissons qui font les bons thrillers et le dynamisme qui fait les meilleurs page turners. Les rebondissements sont omniprésents mais le dénouement m’a bien laissé de marbre. Pourtant, je ne l’ai pas deviné une seule seconde. Pour tout vous dire, je n’ai rien deviné du tout. Et il est justement là, le problème. L’auteur s’engouffre tellement dans des détails insignifiants (pas beaucoup, je dois l’admettre) qu’elle en oublie de jouer un peu avec son lecteur. J’aime qu’on me fasse croire des choses, que je me retrouve à dresser une longue liste de suspects potentiels pour, au final, me rendre compte être complètement à côté de la plaque. Mais je n’ai pas été servi.

À défaut d’être le polar de l’année, ce livre est une découverte à faire. Il ne m’a pas complètement déçu. Il ne m’a juste pas assez convaincu. On va encore dire que je suis trop exigeant mais je l’ai lu.. sans plus.  Je ne dirai pas que j’ai détesté mais, pour moi, c’est juste une lecture sympa. Un bon petit divertissement entre deux thrillers poignants. Et je m’attendais à tout sauf à une lecture « sympa ». Je vais quand même le recommander parce que je pense qu’il vaut la peine d’être lu. L’histoire de base est intéressante. Et elle plaira certainement à plus d’un. La preuve, deux millions de lecteurs.

Lecture effectuée en écoutant : 

  • Move, Big Sean
  • G.O.M.D, J.Cole

Éditeur : Belfond

Genre/Thème : Polar/Thriller

12 commentaires sur “La fille sous la glace – BRYNDZA Robert

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  1. Je suis une grande fan de polar et de lectures en ce genre mais lui ne m’avait pas tentée plus que ça car le schéma est trop similaire à d’autres policiers beaucoup plus connus qui eux jouent avec le lecteur et c’est ce que je recherche avant tout dans un livre de ce style. Dommage mais je passe mon tour 🙂

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