[Prix des Auteurs Inconnus] L’Arménien – Carl Pineau

Prix des Auteurs Inconnus

Catégorie : Premier Roman

Titre : L’Arménien

Auteur : Carl Pineau

Publié par : Librinova

Parution: 2017

Résumé :


Nantes, 22 décembre 1989. Le cadavre de Luc Kazian, dit l’Arménien, est retrouvé en forêt de Touffou. Deux balles dans la peau, et partiellement calciné. Assassiné. Mais par qui ?
Et qui était vraiment l’Arménien ?
Un trafiquant de cocaïne notoire, comme le pense l’inspecteur Greg Brandt ?
Un copain de virées avec qui écumer les bars et draguer les filles, comme le voit Bertrand, son premier et peut-être unique ami ?
Un jeune orphelin perturbé, mais à l’esprit vif et éveillé, comme le pense Françoise de Juignain, sa psychiatre depuis 20 ans ?
Rien de tout cela, bien plus encore ?
De la place Graslin au Château des ducs de Bretagne, des ruelles pavées du quartier Bouffay aux bars à hôtesses du quai de la Fosse, des pavillons de Rezé aux immeubles de Bellevue, Carl Pineau fait revivre dans ce thriller noir toute l’ambiance du Nantes des années 80.

Hey Hey ! Je vous parle aujourd’hui d’un roman participant au prix des Auteurs Inconnus pour lequel je suis membre du Jury. L’Arménien concourt dans la catégorie Premier Roman du prix et fait partie des 10 romans que j’ai choisis pour la présélection. Ceci grâce à une couverture qui argue une atmosphère acariâtre, une quatrième de couverture certes basique – rien de fou, qu’on se le dise – mais non moins alléchante et dix premières pages pour le moins captivantes.

Dans ce roman, nous suivons une trame qui n’est pas forcément l’apanage du polar « classique » à savoir un meurtre, un déroulé d’enquête et une résolution ultime. Si ces éléments demeurent tout de même présents en filigrane le long du récit, l’histoire en elle-même ne reste pas focalisée sur une enquête quelconque. 

Luc Kazian, dit L’arménien, est retrouvé mort, le corps à moitié calciné. La police pense tout de suite à un règlement de compte entre gangs et banalise l’affaire. Le lecteur aussi. Luc était, semble-t-il, un truand, un trafiquant de drogue sans scrupules, une pourriture. Il se trouve, cependant, qu’il en a marqué plus d’un de façon plutôt positive. Notamment Françoise, sa psy depuis bien des années. Ainsi que Bertrand, son meilleur ami et parrain dans le milieu underground de Nantes. À travers une fine alternance de narration entre ces deux proches de l’Arménien, nous allons remonter le temps, découvrir Luc et en prime les événements qui auront conduit à son assassinat.

Ce roman se démarque largement de ce qu’on a l’habitude de lire dans le genre sur bien de points et pas des moindres. On remarque de prime abord une grande dextérité sur le plan narratif, certainement le plus fort point de ce roman. L’auteur n’aura assurément pas le mérite d’avoir inventé un procédé narratif puisqu’il n’a foncièrement rien de nouveau, mais ici, il ne livre pas une alternance factice. À chaque bascule, on passe d’un monde à un autre. Le niveau de langue, la vision des choses, l’atmosphère. Tout bascule sans que cela ne soit décousu. Entre l’austérité des milieux interlopes de Nantes régis par le sexe, la drogue, la débauche décrite par Bertrand et la décontraction et le flegme de l’univers décrit par Françoise. Le tout formant un contraste échevelant qui décloue et défriche graduellement tout un mystère autour du personnage charismatique et fort cabalistique qu’est L’Arménien. Les chapitres s’enchaînent sans vermoulure, tous achevés par des climax laissant le lecteur avide de toujours en savoir plus.

Nous avons une plume fine emprunte d’une hardiesse affirmée, des personnages consistants savamment travaillés et une intrigue digne d’Agatha Christie. Un récit comme je les aime. De ceux qui ne laissent rien au hasard, de ceux qui ne s’engouffrent pas dans des niaiseries de gratte-papiers compulsifs quitte à devenir pompeux. Ici, tous les événements décrits constituent les pièces d’un puzzle faramineux que le lecteur prend plaisir à assembler, désassembler, réorganiser jusqu’à trouver la combinaison gagnante.

Bien plus qu’un simple polar, ce roman nous livre une étude psychologique des personnages et un panel de réflexion sur des sujets comme le concept de loyauté, la dépravation des moeurs et surtout l’importance de voir au-delà des apparences.

Ce livre est une vive réussite. La plume de l’auteur est fluide et intense en même temps. La tension dramatique est pesante. Il n’y a AUCUNE ÉVIDENCE concernant les circonstances du meurtre ni même la nature des assassins. L’auteur parvient aisément à trimballer le lecteur de gauche à droite, à le retourner le cerveau dans tous les sens et à l’écarter du droit chemin à chaque fois qu’il s’en approche dangereusement. À tel point qu’il en vient à soupçonner tout le monde et personne en même temps. Agatha Christie vous dis-je.

En sommes, l’Arménien est une belle découverte. Un roman captivant, qui prend aux tripes. Un récit d’une cohérence irréprochable. Très bon moment de lecture. De ceux que vous n’êtes pas prêts d’oublier. Je le recommande aux armateurs de polars poignants et saisissants, mais pas que… Il est écrit de façon à ce que le lecteur lambda y trouve son compte. Alors si vous aimez les sensations fortes, le mystère, la psycho, plongez-y. Et bonne lecture !

Lecture effectuée en écoutant :

  • Kim, Eminem
  • Krazy, Khelani
  • Sympathy for the devil, The Rolling Stone

7 commentaires sur “[Prix des Auteurs Inconnus] L’Arménien – Carl Pineau

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