Behind the lyrics #1 – Mad World

Hey Hey!! Ding Ding! Nouveau Rendez-vous, nouvelle rubrique. Il se trouve que je suis entrain de réorganiser progressivement le blog, il y aura donc quelques petits nouveaux trucs tout au long de cette fin d’année (assez en vrac pour l’instant jusqu’à ce que je trouve le juste équilibre). Question de repartir sur de nouvelles bases d’ici le nouvel an.

Si vous me suivez, vous connaissez sûrement la place qu’occupe la musique dans ma vie. Je ne vais pas vous refaire un dessin, alors on va y aller direct.

 Behind the lyrics ?

Derrière les chansons qui nous bercent à longueur de journée se cachent souvent des petits messages que l’on ne perçoit pas forcément. Attention!!! Je préfère prévenir tout de suite: chers adeptes de la théorie du complot, ce n’est pas moi qui vais vous servir. Je parle de messages « normaux » distillés dans certaines chansons (oui certaines, parce qu’il y en a beaucoup qui n’ont en aucun, il faut se le dire). Des messages de paix, d’espoir, d’amour… J’en ai trouvé pas mal avec de véritables leçons de Vie, d’où l’idée de cette rubrique.

Ceux qui me connaissent savent que j’aime partitionner, disséquer et analyser. Vous l’aurez donc compris, il s’agira ici d’analyser et d’interpréter le(s) message(s) d’une chanson, le tout présenté sous forme de chronique. C’est assez particulier parce que pour chaque titre, pour chaque histoire, je fais l’expérience et fais le parallèle. C’est à dire que si l’histoire est une métaphore sur les péripéties des aventures lunaires, eh ben je fais un crochet sur la lune pour constater cela et je fais le parallèle. Bref, vous avez compris l’idée.

Évidemment, Il s’agira De MON interprétation puisqu’il s’agit de mon blog. Bah oui, j’en fais ce que je veux 😁. S’il y’a des gens qui veulent le reprendre, eh ben ils en feront ce qu’ils veulent à leur tour.

Allez trêve de blablaterie. Pour ouvrir le bal, je vous propose de revisiter un tube légendaire et un chef-d’œuvre lyrical : Mad World du groupe Tears From Fears

La version originale est sortie en 1982, écrite par Roland Orzbal et interpretée par Curt Smith mais le titre a obtenu un regain de popularité en 2001 grâce à une reprise de Michael Andrews (au piano) et Gary Jules

C’est une chanson que chacun devrait écouter au moins une fois dans sa vie. Les paroles semblent, à première vue, très simples et accessibles mais en y regardant plus près, on se rend vite compte du message profond dissimulé à travers cette mélodie. En sommes, l’auteur raconte le monde vu à travers les yeux d’un enfant. Et avec un peu de recul, on se rend compte que cet enfant, c’est toi, moi.. Bref, chacun de nous. Il s’agit d’une vision très sombre mais aussi très juste de la société actuelle. Le tout sur un ton mélancolique à la limite dépressif.

All around me are familiar faces.. Worn-out places, worn-out faces

(Tout autour de moi, il y’a des visages familiers, des lieux usés, des visages épuisés)

La toute première phrase de la chanson en donne le ton et plante déjà bien le décors. Elle nous place au cœur de la situation. Les visages familiers dénotent une certaine contraste entre le familier et un sentiment de détachement, de rejet. Dans ces endroits qui lui semblent familiers, il voit des visages usés ou épuisés représentant bien l’image que renvoie la société actuelle où l’épuisement et la déprime sont bien plus récurrents que la joie de vivre. Des visages familiers mais tristes. Abîmés par un monde bien trop cruel dans lequel chacun ne regarde pas plus loin que le bout de son nez. L’auteur souligne là une bien triste réalité. Et pour comprendre à quel point ceci est réel, rien de plus simple. Il suffit de sortir et d’observer attentivement autour de soi. J’en ai fait l’expérience à plusieurs reprises, à différents endroits et vous savez quoi ? je les ai vu, moi aussi, les visages usés, épuisés, accablés. On a l’impression que tout le monde est en deuil.

Bright and early for their daily races.. Going nowhere, going nowhere

(Radieux et matinaux pour leurs courses journalières, n’allant nulle part. N’allant nulle part)

Dans cette phrase, on sent la perdition.. Les fameux visages familiers, tous radieux, très tôt, voguent à leurs occupations quotidiennes. Ils vont faire leurs courses sans aller nulle part. Car oui, en général, les gens se lèvent quotidiennement et ont une liste de choses à faire mais ne savent pas  pourquoi ? Dans quel but ? Dans quel intérêt ? Après tout, tout le monde le fait, pourquoi ne le ferais-je pas, moi aussi ?! Le fameux effet de masse. Les gens se contentent de suivre le troupeau sans savoir ce qu’ils veulent réellement, sans aucun objectif. Cela  s’étend jusqu’à l’essence même de leur existence. Ils avancent sans savoir où aller, sans savoir quel chemin emprunter, se laissent emporter par le vent, à la merci du destin. Que de vies fades et non-sens. Encore une bien triste réalité.

Their tears are filling up their glasses.. No expression, no expression 

(Leurs larmes remplissent leurs lunettes.. Pas d’expression, pas d’expression )

Des larmes et des larmes. Incapables de les contenir indéfiniment, ils ne peuvent s’empêcher d’en verser encore et encore jusqu’à remplir leurs lunettes (lunettes qui cachent leur déprime au monde). Rejoignant l’idée précédente : ils sont perdus, ne savent pas à quel saint se vouer, c’est le vide intersidéral dans leurs esprits tourmentés. Combien de visages inexpressifs croisez-vous en une minute ? Combien de regards vides ? Combien d’invidus qui vous semblent complètement perdus ? Qui ne savent limite pas ce qu’ils font ni pour quels raisons ils se trouvent à l’endroit où ils se trouvent ? Ressentez-vous ce sentiment de solitude ? Cette impression de ne voir que des enveloppes charnelles sans âmes ? C’est le monde dans lequel nous vivons. Chacun sanglote dans son coin, mais personne ne s’en soucie.

Hide my head, I wanna drown my sorrow.. No tomorrow, No tomorrow

(Je cache ma tête, je veux noyer ma peine.. Aucun lendemain, aucun lendemain )

Comme tout le monde, on veut faire bonne figure, se voiler la face. Se faire croire que tout va bien, que son chagrin n’existe pas, que sa peine n’est que pur fruit de son imagination. On suit le troupeau : on se lève, on fait nos courses journalières sans objectif, on n’avance aucunement; on n’a aucun lendemain. C’est la routine. Et par peur d’affronter le jugement des uns, par peur d’affronter le regard des autres, par peur d’afficher sa peine, on se cache, on baisse la tête. Espérant que ce geste réducteur (le sait-on) la noie. Quitte à faire de la dissimulation un art, un réflexe naturel.

And I find it kind of funny, I find it kind of sad.. The dreams in which I’m dying Are the best I’ve ever had


(Et je trouve cela plutôt amusant, je trouve cela plutôt triste.. Les rêves dans lesquels je meurs sont les meilleurs que j’ai jamais fait)

La meilleure phrase. La plus simple et la plus profonde aussi. Plutôt drôle, n’est ce pas ? Que les meilleurs rêves qu’une personne ait jamais fait soient ceux dans lesquels elle meurt. Si même la mort, censée être le summum du désastre, semble une meilleure issue par rapport à toutes les autres, cela montre à quel point notre vie est dénuée de sens, à quel point tout y est sombre et vide, à quel point tout y est désagréable. Nos plus beaux rêves sont des cauchemars. Imaginez le reste. Drôle quand on se l’imagine et triste quand on le vit.

I find it hard to tell you, I find it hard to take.. When people run in circles it’s a very very.. Mad world


(Je trouve cela dur à te dire, je trouve cela dur à accepter.. Quand les gens tournent en rond c’est vraiment vraiment un monde fou)

Difficile d’exprimer toute cette noirceur, difficile d’exprimer toute cette folie, difficile d’exprimer cette tristesse qui nous ronge, difficile d’exprimer le fond de nos pensées sans blesser autrui, sans attiser le dédain. Le sentiment de déconnection par rapport aux autres, la peur d’être rejeté, l’impression de l’être. Une nature et une vie difficiles à accepter. Comment vous dire que je me sens seul au monde sans que vous me regardiez de haut ? Comment vous affirmer que mes meilleurs rêves sont des cauchemars sans que vous ne me traitiez de barge ? Tout cela crée un cocktail difficile à ingérer.  Les gens n’avancent pas, ils tournent en rond encore et encore. Un éternel recommencement. C’est vraiment un monde de fous.. Oui un monde fou.

Children waiting for the day they feel good.. Happy birthday, happy birthday


(Les enfants attendent le jour où ils seront heureux.. Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire)

Triste monde ! C’est tellement le bazar que les enfants n’ont plus d’autres occasions d’être heureux que le jour de leurs anniversaires. Que voulez-vous? Les adultes ont déjà eux-mêmes leurs problèmes à gérer. Pourquoi s’attarder sur ceux des marmots ? Et puis que peuvent-t-ils bien avoir comme problèmes, ces mioches. Qu’ils attendent le jour de leurs anniversaires, qu’on leur offre de beaux petits cadeaux et puis Basta! Ce ne sont QUE des enfants après tout! Combien de fois avez-vous entendu cette phrase de la bouche des adultes ? De votre propre bouche ?

And to feel the way that every child should.. Sit and listen, sit and listen

(Et de le ressentir comme tout enfant le devrait.. S’asseoir et écouter)

N’est-ce pas ce que vous dites à vos enfants ? Restez bien sagement à votre place et Fermez la. Les affaires des grands ne concernent pas les petits, n’est-ce pas? Ils n’ont pas leur mot à dire en ce qui concerne vos problèmes, ni les leurs d’ailleurs, et c’est cela qui est bien triste. Ils dépendent entièrement des adultes jusqu’à ce qu’ils le deviennent et à ce moment,  la boucle est bouclée; retour à la case départ. On continue de tourner en rond. Personne ne se soucie réellement de l’avis des plus petits, de leurs sentiments, de leurs craintes ou de leur chagrin. Ils doivent se soumettre, un point c’est tout. C’est nous qui savons ce qui est juste pour eux hein??

Went to school and I was very nervous.. No one knew me, no one knew me

(Je partais à l’école et j’étais très nerveux.. Personne ne me connaissait, personne ne me connaissait)

Attiser l’indifférence. Se sentir transparent. Quand personne ne te connait, quand personne ne connait la profondeur de ta personne. Il est nerveux parce qu’il souffre, parce qu’il agonise mais personne ne le voit, son âme crie à l’aide, mais personne ne l’entend; personne ne s’y intéresse. Ils ont déjà leurs propres problèmes à gérer ils ne vont pas en plus faire attention aux siens.

Hello, teacher, tell me what’s my lesson.. Look right through me, look right through me

(Bonjour professeur, dites-moi quelle est ma leçon.. Regardez droit à travers moi, Regardez droir à travers moi)

Dans un élan de désespoir, on décide de se mettre à nu, de tout déballer. Mais rien n’y fait. Hey oh!! Cher enseignant, je suis là. Juste devant vous. N’est-ce pas ce que vous êtes censé faire : Enseigner ? Donner des leçons ? Plongez à travers mon regard, sondez mon esprit. Un homme sage disait « Les yeux sont le reflet de l’âme » Alors, regardez-moi bien dans les yeux et dites-moi ce que je dois faire. Ce gouffre dans lequel je me trouve. Comment suis-je censé m’en sortir ? Toute cette peine que je me trimballe. Comment suis-je censé la surmonter ? Tout est si obscur et sombre dans ma vie. Comment puis-je accéder à la lumière ?

Vous l’aurez compris, cette chanson décrit la société actuelle dans toute sa splendeur. Une société en perdition, en proie à l’égocentrisme de l’être humain formaté dès le bas âge à ne se soucier que de sa gueule. Elle dénonce l’école, ce lieu d’apprentissage rigide où les enseignants donnent des leçons sur tout sauf l’essentiel, la base. Ils répondent à des questions qu’on ne leur pose pas, sans réellement accorder de l’importance aux apprenants. On arrive en espérant trouver les réponses à nos questions et on en repart plus intrigué que jamais : aucune réponse et une multitude de questions supplémentaires.

Enlarging your world Lâche-t-il à la fin. Une synthèse qui se présente comme une invitation à développer notre monde. Il invite tout un chacun à sortir de sa coquille, à percer sa petite bulle et à s’ouvrir aux autres. A réaliser l’impact que peut avoir nos agissements sur les autres. L’indifférence tue, autant les victimes que les assaillants. Il est plus simple de vivre seul que de vivre avec des gens que votre peine, votre souffrance et votre douleur laissent indifférents. 

Voilà, c’est déjà fini pour Mad World, cette chanson m’a enseigné l’humilité, la bienveillance et bien plus. Il vous enseignera peut être la même chose, peut être autre chose. Chacun y puise ce qu’il peut. Comme quoi la musique n’est pas JUSTE un divertissement. 

Et vous, connaissiez-vous Mad World ? Votre interprétation se rapproche-t-elle de la mienne ? N’hésitez pas à me faire part de vos réflexions sur cette chanson ou à m’en proposer d’autres.

La vidéo, c’est ICI

17 commentaires sur “Behind the lyrics #1 – Mad World

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  1. Tout d’abord je dois te féliciter pour le concept, à premier abord je n’étais pas convaincue car j’avais peur d’un contenu « bateau » et simpliste alors que pas du tout ! Tu vas dans les profondeurs de l’abime humain, tu sondes et tu expliques véritablement le sens des paroles, je dois dire que je n’avais pas ressenti ça comme ça parce que je ne m’étais jamais penchée sur les paroles. Cette chanson est une de mes préférées car d’une façon ou d’une autre lors de la première écoute j’ai été totalement embarquée, envoutée par ces paroles si tristes mais véridiques.

    Je serai ravie de voir d’autres articles comme ça sur ton blog 🙂

    J'aime

    1. Merci à toi. J’ai aussi été embarqué lors de la première écoute sans, dans un premier temps, faire attention aux paroles. J’ai même frissonné dès que je l’ai écouté. C’était une sensation forte, c’est pour cela que j’ai voulu me pencher sur les paroles. Et là j’ai compris pourquoi j’avais tressailli. Le message est profond. Ravi de savoir que tu partages cette sensation.

      Aimé par 1 personne

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