#StoryTime Chaleureuse Rencontre

​Je m’éveille la langue plus épaisse que les lèvres de Jay Z, la bouche aussi pâteuse que le vagin de mon ex et le gosier plus noué que celui de Katsuni pendant une gorge profonde ; souvenirs d’une soirée trop arrosée qui se résume en une phrase : je suis venu, j’ai bu, j’me rappelle plus, comme disait un homme sage. Jules Fétard ou un truc dans le genre. Mes yeux s’accoutument crescendo à la vive lumière du jour et le frimas dans ma boîte à méninges se dissipe à pas de tortue. Troisième jour d’affilée que je me prends de ces cuites. Mais que voulez-vous ? Il faut bien que j’oublie l’autre chagasse pour qui j’ai gâché quatre précieuses années de ma vie. D’accord, j’avoue avoir du mal à m’en remettre. Pourtant, cela va bientôt faire six mois que j’ai coupé les ponts dont les fondations, que j’essaie tant bien que mal de déloger à grand renfort de tord-boyaux, semblent encore plus infrangibles que mes gonades. Mais si elle a réussi à me les briser, j’ai aussi une chance non ?

Voulez-vous savoir pourquoi le « chou » a tourné au vinaigre ? Des salades… Des salades… Je vous refais la scène.

Un soir d’octobre, après une intense séance de gym, notez, pas de celles qui se pratiquent dans les salles de sport naan, plutôt du genre qui s’opère sous la couette sur fond sonore mélodramatique ambiance opéra, si vous voyez ce que je veux dire. Mes poumons en proie à des palpitations de fou sa mère, mon corps à la limite de l’implosion, je me figea un instant, stoïque, allongé à ses côtés, scrutant chaque parcelle de sa frimousse de poupon, la lui lécha avec la langue de Molière, avant de me noyer dans les abysses de ses mirettes. Le temps ? Il n’existait plus. Jamais la théorie de la relativité n’avait eu autant de sens. Je pouvais sentir Einstein se taper des culbutes dans sa tombe. Ainsi, comme pour profiter de cette pause temporelle, de ma bouche sorti une phrase toute romantique dont il me fût plus tard reproché – par mes potes, vous comprendrez l’ironie plus tard – l’absurdité.

– Dis moi un truc qui fait plaisir et qui énerve en même temps, lui dis-je dans un élan de tendresse.

*Pour ma décharge, je suis psycho-schizo-maso, mais ça, c’est déjà une autre histoire*.

Puis dans une éloquence rare, dans une tendresse à vous friser la quéquette, elle posa sa main sur ma joue, m’arrachant un frisson à une partie de mon anatomie dont je ne saurais faire mention, plongea les petites billes translucides qui lui servent d’yeux dans les miens et susurra :

– Mon chou, t’es le meilleur au lit… parmi tous tes potes.

Notez bien le temps d’arrêt au parfait instant pour m’accorder une somptueuse valse entre fierté et stupéfaction.

Vous comprenez mieux le schmilblick ? On est deux.. Ou trois.  Enfin plusieurs.

Aujourd’hui, je prends les bonnes résolutions : zapper et aller de l’avant. Vous savez ce qu’on dit : le meilleur remède après une cuite, c’est ? Recommencer. Voilà. Recette miraculeuse vieille de l’âge de pierre. À tous les coups, vous vous re-bourrez le museau mais Dieu que c’est bon. D’autant plus que je pense avoir trouvé la personne qu’il me faut. Rosa. On ne se connaît, certes, que depuis peu de temps mais elle est branchée, le courant passe donc très bien. Bon d’accord, pour l’instant il passe plutôt derrière nos écrans respectifs mais je sais qu’elle ne lit pas Gounelle, kiffe Desperate Housewives et écoute du Damso ; la femme idéale, faite sur-mesure rien que pour moi. Cerise sur la meringue, je l’ai eue pour la première fois au téléphone hier soir et de notre charmante conversation résultent deux bonnes nouvelles. La première, c’est qu’elle souhaite me rencontrer aujourd’hui même à seize heures. Et la seconde, roulements de tambours … Elle a un fort accent Italien. Qui dit mieux ?

Je tue le temps allongé dans mon lit et son image s’insinue naturellement dans mes paupières. Je l’imagine devant moi, toute belle, toute soyeuse, toute… Italienne. Parce que non, je n’ai toujours pas mis de visage sur cette voix Kryptonienne, mais ce ne sont pas les apparences qui comptent, n’est-ce pas ? Oh je sens que je vais regretter de l’avoir sortie, celle là. Mais non, bien sûre que non ! Le physique n’est qu’une enveloppe, le plus important c’est le contenu. En plus, elle doit être toute mignonne si j’en crois son timbre de voix. Arrêtez de chouiner, je vous avais prévenus que j’étais schizo.

Je tripote machinalement ce pauvre ours en peluche qui n’a rien demandé lorsque le vibreur de mon téléphone m’arrache un sursaut. Message de Rosa : « Je t’attends avec grande impatience. A tout à l’heure. Ta Rosa. » Ma Rosa!! MA Rosa. Rien que pour moi. Et merde ! Il est quatorze heures trente deux minutes. Il faut que je me prépare. D’un bond, je me lève et me dirige vers la salle de bain quand un bruit progressif originaire du fin fond de mon estomac me rappelle qu’à part un bon litre et demi d’eau-de-vie, je n’ai rien ingurgité depuis hier. Je dois me faire un truc. Il ne manquerait plus que les choristes dans mon duodénum poussent la moulinette devant ma Rosa. Qui voudrait de ça, hein ? Je me donne un bon coup dans le fion mais je panique sévère. Tenez, je viens même de mettre le lait AVANT les céréales dans mon bol, c’est dire à quel point je touche le fond. Respire, mec, respire !

Après quelques va-et-vient entre ma chambre et la cuisine, un petit grignotage façon soldats de la seconde guerre mondiale et une douche express, je suis prêt. Enfin. Je m’asperge de deux litres d’eau de cologne, répète mon plus beau discours devant le miroir et me mets en route. 

Trente minutes plus tard, je me retrouve devant ce qui me semble être la demeure de Rosa. L’adresse est bonne mais j’émets un doute, impressionné par l’immensité de cette piaule compareé à mon taudis. Les murs de la clôture doivent faire six mètres de haut mais j’arrive à apercevoir l’immense baraque à l’intérieur. On dirait un musée.

– Vous êtes perdu, monsieur ? me lance un type, uniforme de pompier, de policier ou de je ne sais quel corps institutionnel.

– Euh non… En fait je…

– Euloge ?? me coupe-t-il

– Euh… oui…

– Veuillez me suivre, s’il vous plaît ! lâche-t-il un sourire espiègle aux lèvres.

Mon trouillomètre s’emballe. Mais je n’ai pas de raison de stresser. Je suis un mec, un vrai, n’est-ce pas ? Je secoue la tête pour me redonner du peps puis lui emboîte le pas, l’allure posée et confiante mais même Stevie Wonder verrait à quel point je flippe sa race.

Le grand portail s’ouvre sous mon regard ahuri et dévoile l’immense bâtisse style barauque tout droit sortie des pires documentaires sur arte. Un vrai château. Je crois que je viens d’atterrir chez Cendrillon, ou Cendrillonni, le cas échéant. Quelques pas nonchalants, le regard palpeur du voyeur attitré que je suis, et je me retrouve devant la porte. Un furtif regard dans mon dos me fait réaliser que le mec qui vient de m’accompagner m’a lâché, abandonné à mon sort, scellé. Je me sens comme ensorcelé. Non non, ce n’est pas un mauvais jeu de mots. Je rassemble le peu de testostérone qui me reste et me racle la gorge lorsque la poignée bouge.

– Bienvenue, Euloge ! me lance la dame qui vient d’ouvrir la porte. 

Vie d’mammaire que je suis tétanisé. Cette « dame » ne peut pas être ma Cendrillonni, elle fait l’âge de mon arrière-grand-mère morte du Sida.

– Euh.. c’est.. c’est.. vous Cendr.. enfin Rosa ? réussis-je difficilement à articuler.

– Bien sûre que non ! rétorque une voix à l’intérieur de la maison. 

Bordel, le soulagement ! J’étais à deux doigts de me dégarnir le buffet.

– Elle, c’est Pauline, ma soeur cadette, reprend la voix qui se rapproche.

– Ta…

Elle se dévoile enfin, et là je me sens défaillir. J’ai en face de moi une vieille dame blonde qui doit faire au moins sept fois mon âge et avec qui j’ai parlé love et cul pendant trois longues semaines. Je vais pâmer, je vais pâmer.

*Ce ne sont pas les apparences qui comptent, hein ?* Et bim ! Dans ma gueule.

– Ne reste pas planté là et viens donc me faire un câlin, lance-t-elle d’un ton enjoué.

Là, pour le coup, j’ai plus envie de me faire mordiller le téton par Laurent Ruquier, de me faire bouffer le cul par un sadomaso-praticien, de me faire défoncer le gésier par trois bons Camerounais, de me taper l’intégrale de Gounelle en écoutant Jul, de sucer le cliotoris pendouillant de Brigitte, de déterrer le corps de Marilyn Monroe et de fourrer ma langue dans son minou jusqu’à ses trompes que d’enlacer cette « dame ». 

Sans que je n’ai le temps de comprendre, mes pieds se mettent à faire des pas, mais pas dans la bonne direction. Non mais.. Eh oh ! La sortie, c’est dans le sens opposé, essayé-je de répéter à mes pieds qui ont visiblement décidé de n’en faire qu’à leur tête. Vous imaginez, des pieds qui n’en font qu’à leur tête. Je peux concevoir qu’une queue n’en fasse qu’à sa tête mais alors des pieds, quelle ironie !

– Tou veux bien arrêter de remuer ta queue chaque fois que tou vois une nouvelle tête ? lâche la Rosa d’un ton sec.

Hein ? J’ai encore pensé à haute voix, c’est ça ? Non mais quelle tête de cul, je fais. Et j’ai les pieds qui chatouillent d’un coup. Foutue nature. Elle a toujours su s’y prendre pour se foutre de ma gueule dans le parfait timing. Je jette instinctivement un coup d’oeil vers ces maudits panards et y découvre un petit toutou entrain de bringuebaler sa queue. Oufff !

– Je vais l’avoir, ce câlin ? reprend la dame, enfin Rosa, les bras grands ouverts.

– Bien sûre! balbutié-je, résigné.

Ça y est, je turbine du couvercle. Après la chaleureuse accolade (plutôt glaciale, en vrai), elle m’invite à prendre place. Je m’exécute et elle s’assoit à côté de moi, un poil trop près. Et ce n’est pas une métaphore, je sens ses poils se frotter à ma peau. Inspire, expire. Fichtre-bleu, elle me lorgne comme si j’étais une pizza à la mozzarella tout droit sortie du four.

– Tou es très appétissant, me lance t-elle un sourire en coin. 

Vous voyez ce que je disais ? Je fais le mec qui n’a rien entendu. Puis, d’un regard désespéré, je balaie la pièce à la recherche du moindre renfort et réalise que sa soeur n’est plus dans les parages. Eh ben, c’est déjà ça de fait, moi qui craignais un massacre collectif. Je remarque aussi des bruits qu’il me semble présents depuis un moment. C’est bizarre. On dirait des filles qui gémissent. Deux secondes, je rêve ou elle était entrain de piquer un jtar devant un porno au calme en attendant mon arrivée ?

– C’est quoi ces bruits ? parviens-je à articuler

– Ah ça ! rétorque-t-elle attrapant ce qui me semble être une télécommande. 

Elle se dirige ensuite vers le couloir, stoppe le bruit d’un clic et revient s’asseoir près de moi avant de reprendre d’un ton calme.

– Come si dice ? Quand ché me rends à la salle de sport, j’enregistre les cris des joueuses de tennis et ché les mets à fond dans ma chambre pour faire croire à ma soeur que j’ai uno vie amoureuse. Ché suis uno femme très seule, achève-t-elle avec une moue.

– Quel âge me donnes tou ? reprend-elle enthousiaste.

– Chuut ! Ne répond pô, rétorque t-elle tout de suite posant délicatement son index – non, je ne ferai pas de commentaires sur la qualité de sa peau – sur mes lèvres, avec cette moue censée la rajeunir.

Mais comment lui expliquer que « moue » est tendrement affilié à « ramollir » et que ramollir sa peau quand on a son âge, c’est Euh.. come si dice ? Nom d’une pipe ! Elle vient de poser sa main entre mes cuisses.

23 commentaires sur “#StoryTime Chaleureuse Rencontre

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :